Ouvrir un restaurant en milieu rural: Interview de Agnès

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Vous souhaitez ouvrir un restaurant en milieu rural et vous éprouvez des difficultés dans la réalisation de votre projet? Dans cet article, je donne la parole à Agnès qui va nous expliquer les difficultés auxquelles elle est confrontée et comment elle compte les surpasser. Une interview riche en enseignements. Prenez de quoi noter. 

Restauration rurale et financement: l’interview

OUR: Bonjour Agnès, dans un premier temps merci d’avoir répondu favorablement à ma demande d’interview. Avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter à nos lecteurs?

Agnès: je m’appelle Agnès, mais tout le monde m’appelle Nanou. Agée de 50 ans, je suis originaire de la Haute Normandie. Depuis 5 ans (date où je suis venu visiter la Bretagne), j’ai toujours rêvé d’y revenir. C’est en aout dernier que toute la famille a décidé de venir y vivre.

Sans travail depuis mon déménagement (j’étais auparavant bénévole de mon association canine)

J’ai toujours aimé cuisiner depuis mon enfance. J’avais une maman qui cuisinait beaucoup et, chez nous, on aimait la « bonne bouffe ».

Dès l’âge de 16 ans j’ai commencé à travailler en restauration en tant que serveuse. Malgré d’autres emplois c’est bien ce dernier que j’ai occupé le plus.

En 2004, j’ai eu envie de me tourner vers une formation en cuisine, avec comme projet d’ouvrir un jour mon propre restaurant.

OUR: Alors, si j’ai voulu t’interviewer aujourd’hui c’est que tu en plein dans la réalisation de ce projet. Peux-tu nous en dire un peu plus. 

Agnès: en effet, aujourd’hui j’ai tout pour pouvoir réaliser ce rêve qui me tient depuis maintenant plus de 20 ans. Ma première envie avait été de proposer une sorte de “table chez l’habitant”. Cependant, mon habitation ne respectait pas un certain nombre de réglementations.

Sans emploi avec pour seul revenu le RSA, je ne peux pas me permettre d’acheter un fonds de commerce. J’ai donc fait le tour des petites annonces à la recherche d’un local vide à louer. C’est à ce moment que j’ai eu mon coup de coeur. Un ancien restaurant plein de charme, à louer pour seulement quelques euros. Une véritable aubaine.

Ce restaurant se trouve dans un petit village du centre de la Bretagne (Paule, 22340). Une bâtisse en pierre comme on en trouve beaucoup en Bretagne. L’endroit est magnifique.  Un coup de foudre pour moi qui suis de la campagne.

OUR: Depuis cette trouvaille, où en es-tu actuellement? 

Agnès: mon projet a bien avancé car l’étude de marché est déjà bouclée. Il faut dire que j’ai eu un gros soutien des habitants de Paule qui m’ont montré leur soutient au travers d’une page Facebook que j’ai créé spécialement pour l’occasion. Les habitants souhaitent vraiment voir ce restaurant ré-ouvrir car il n’existe plus grand-chose dans cette commune.

J’ai aussi pris contact avec mes futurs fournisseurs, la mairie, ainsi que le comité de communes.

OUR: Je suis sûr que tu as des anecdotes à nous raconter

Agnès: Peut-on parler d’anecdote que d’entendre les organismes prêteurs nous dire qu’un commerce en milieu rural n’est pas nécessaire?

OUR: Un problème avec l’obtention d’un prêt bancaire? 

Agnès: Je suis au RSA et donc pas d’apport personnel. Et même si je n’ai besoin que de 10 000€ pour debuter on ne croit tout simplement pas en mon projet. Comme dit plus haut, pour les banques, il est inutile d’ouvrir dans des petites communes. Mais ce qui me met le plus en rogne, c’est cette fameuse question: “qu’allez-vous devenir si cela ne marche pas?”  N’ayant aucun revenu actuellement, je vois pas comment cela peut-être pire.

OUR: Comment vas-tu t’y prendre pour financer ce projet si les banques te refusent ce prêt?

Agnès: Comme je suis déterminé à ouvrir ce restaurant, j’ai donc décidé de faire appel à d’autres apports financiers.

Je donc décidé de passer par le site de financements participatifs, Leetchi. Le concept est plutôt simple, il permet de récolter des fonds pour un projet via des particuliers (ou toutes autres personnes qui souhaitent participer). En échange, ces derniers reçoivent une contrepartie définie à l’avance.

J’ai également une page Facebook où on peut suivre toutes les étapes de la réalisation du projet. Cette idée me viens d’ailleurs de vous.

Cette page me permet aussi de communiquer avec les fans et de demander du soutien pour des travaux, du nettoyage ou encore de la décor. En échange, je donne des bons d’achat à valoir sur les futurs repas servis dans ce restaurant.

OUR: Quels avantages trouves-tu à monter au restaurant en milieu rural, plutôt que dans une grande agglomération?

Agnès: Je ne suis pas une citadine dans l’âme. Moi, ce que j’aime, c’est la campagne. Et puis, il faut dire que la bâtisse à un certain cachet. En ville, les restaurants n’ont souvent pas de charmes.

Et puis, il y a le plaisir de faire revivre une petite commune. Je le vois peut-être aussi comme une sorte de défi. Prouver qu’en milieu rural on peut tout aussi bien réussir, même sans pré bancaire.

Et puis, il y a aussi des avantages fiscaux et sociaux à prendre en compte. Ouvrir en milieu rural, c’est 5 ans sans payer d’impots et 1 an sans charge sociale.

OUR: Quel conseil pourrais-tu donner à nos lecteurs qui souhaiteraient monter leur restaurant en milieu rural?

Agnès: Etre courageux, croire en son projet et ne jamais baisser les bras.

OUR: Si les lecteurs souhaitent te filer un coup de main en participant à ton projet, comment peuvent-ils si prendre?

Agnès: Ils peuvent se rendre sur ma page Facebook. Tout y est expliqué. Et puis, cela leur permettra de voir à quoi ressemble le restaurant. Ils peuvent me contacter en laissant un commentaire ou en m’envoyant un message. Je répondrais avec plaisir.

En tout cas je vous remercie pour cette interwiew et ce soutien que vous souhaitez, vous aussi, m’apporte.